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La gratuité fut la force d'Internet,
mais aujourd'hui, c'est fini !
La
gratuité : un idéal propre à la culture Web.
Lors de son ouverture au grand public, Internet a connu
une ascension fulgurante du fait de sa diffusion à l'échelle
planétaire, de son aspect communautaire convivial, et
la gratuité de l'information qu'il véhicule.
Qui n'a en effet jamais rêvé d'écouter en ligne son
morceau de musique favori, d'accéder à profusion de
dossiers documentés et d'informations quel que soit
le thème recherché, ou de discuter avec des amis virtuels
à l'autre bout de la planète le tout sans débourser
le moindre centime ?
Or, tout ce rêve a un prix. Comment financer les serveurs,
les gigaoctets de données et autres lignes télécom de
l'Internet tout en maintenant sa gratuité ?
Le premier mode de rémunération naturellement envisagé
a été la publicité à travers les fameux bandeaux cliquables
qui hantent la moindre page Web que l'Internaute moyen
consulte dans sa vie quotidienne.
Si cette publicité s'est développée à outrance (un sondage
réalisé en 2000 sur 750 personnes a montré que la boîte
aux lettres de l'Internaute moyen est composée en volume
à près de 40% de messages de publicité ou de listes
de diffusion) a su générer de forts revenus et entretenir
ce modèle, force est de reconnaître que la tendance
est aujourd'hui à l'essoufflement.
Dans un contexte boursier qui n'en finit pas de s'effriter,
la publicité ne suffit plus à elle seule, et les start-ups
sont à la recherche d'autres sources significatives
de financement, quitte à rompre le rêve de la sacro-sainte
gratuité des services du net.
Ainsi, Yahoo le précurseur du tout gratuit, revoit son
business model et demande désormais une redevance à
l'enregistrement pour les ventes au enchères sur son
site.
De même, Napster, dont la guerre ouverte avec les géants
de l'industrie du disque s'éternise, prévoit d'initialiser
dès cet été un abonnement pour accéder à ses fameux
fichiers audio.
On ne compte plus les fournisseurs d'accès à Internet
tels que Liberty surf, Free ou encore Oreka qui abandonnent
leur offre d'accès gratuit à Internet.
Enfin, mp3.com, le géant de la diffusion de musique
gratuite et de rémunération d'artistes sur Internet
(plus de 11 millions de dollars versés aux artistes)
revoit aussi sa copie en demandant une participation
financière aux artistes souhaitant être rémunérés.
Pour les sites qui ont choisi dès le départ la modèle
gratuit, il sera certainement difficile de faire comprendre
à leurs internautes de passer d'un système en accès
libre à un système payant.
Seulement, c'est désormais à ces visiteurs tant convoités
qu'il revient de payer la facture.
Pendant longtemps, ces jeunes pousses ont assuré la
quasi totalité des frais pour gagner des parts de marché
face à la concurrence.
Mais, avec toutes les Start-ups qui déposent le bilan
les unes après les autres, les business-angels et autres
capital-risqueurs se mordent les doigts d'avoir investit
tant d'argent dans des sites de contenus ou de services
gratuits.
Fini le temps où l'on mettait des millions pour financer
un portail d'information, aujourd'hui, les investisseurs
ne croient plus du tout à la seule rémunération de la
publicité et exigent des projets proposant à l'internaute
des services payants.
Ce retournement du gratuit au payant s'inscrit également
dans la stratégie de développement de nombreux sites
internet. Elle se résume à capter des membres en leur
proposant des services gratuits.
Après avoir accumulé un nombre conséquent de membres,
il ne reste plus qu'à rendre les services payants !
Bien sûr, le site devenu payant perdra des membres,
mais les habitués se résigneront à payer pour un service
qu'ils apprécient.
Des enchères aux connexions Internet, en passant bientôt
par les sites d'informations, sortez votre porte-monnaie
car le mot gratuit ne fait décidément plus bon ménage
avec Internet qui tend ainsi à se rapprocher de son
ancêtre, le Minitel, véritable précurseur des services
en ligne payants.
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